Les objets connectés (web 4.0)

L’internet des choses est la dernière évolution du numérique à devoir intégrer l’univers des entreprises

Alors que le web 2.0 les contraignait à créer leurs sites internet, le déploiement du web 4.0 des dernières années leur impose de proposer des applications pratiques, permettant un accès à distance aux services déjà disponibles sur les sites internet, par le biais d’objets connectés. Les travaux de Laurence Allard, Maîtresse de conférences en Sciences de la Communication et chercheuse à l’Université Paris 3-IRCAV, démontrent que ces applications ont pour but d’optimiser le parcours client et son expérience omnicanale.

Tout d’abord, quelques chiffres : en 2014, dans le monde :

  • 12milliards de machines et d’objets communicants
  • 6 milliards d’êtres humains connectés aux réseaux mobiles
  • 2 milliards à Internet (ITU)
  • Décembre 2015 (GSMA) : 7,5 milliards de cartes SIM (humains+M2M)
  • A l’horizon 2020-2022, nombre d’objets connectés (capteurs, smartphones, ordinateurs…) : 80 millards de devices et capteurs (IDATE) générant 8,9 milliers de milliards de dollars (IDC)

C’est l’extension de la connectivité à toutes les entités : le Connected Everything ou le tout connecté (augmentation de la puissance de calcul et des interfaces). L’extension de la connexion des réseaux de communication informatisés à des non-humains est en train de provoquer une mutation de l’humanité vers la transhumanité, c’est-à-dire une humanité plugguée à la technologie.

Ray Kurzweil dans sa théorie de la singularité (Kurzweil, 2010) évoque le moment où les ordinateurs sont censés devenir plus intelligents que des humains fusionnant avec machines. Selon lui, cela devrait arriver vers 2045.

Une idéologie transhumaniste est une idéologie de puissance qui fait jouer à la technologie un mauvais rôle. Alors que la modernité voulait un progrès scientifique et technique dans un cadre humaniste, on voit que le transhumanisme prétend s’affranchir de ce qui semble pourtant constituer l’humain.

Une peur de la technologie émerge

C’est le signe précurseur de la résignation à la domination technologique. C’est en opposition à ce type de dualisme que Haraway a écrit son «Manifeste Cyborg», pour ouvrir les possibilités d’hybridation entre artefact et vivant (Haraway, 2007).

Les vêtements connectés nous permettront demain de compiler nos données de santé en temps réel. C’est un véritable progrès pour la médecine, mais également une dérive qui permettrait aux compagnies d’assurance de connaître le détail de l’état de santé de l’individu, révoquant ainsi les principes d’égalité entre tous. Les cotisations s’ajusteraient à notre état sans que nous ne puissions y faire quoi que ce soit.

A l’heure où l’individu est un centre de calcul selon Bruno Latour, il faut récupérer « la puissance de calcul comme un droit fondamental à l’autonomie de la société civile » (Pasquale, 2015).

Objets connectés et Big Data sont alors interconnectés. Pour aller plus loin : http://webzine.viemonjob.com/big-data-innovat…rganisationnelle/

Frédéric Hingray